jeudi 23 octobre 2014

Un reportage de Vosges Télévision sur les fouilles de la place de l'Atre

Dans son édition du 23 octobre, Vosges Télévision a consacré un reportage aux vestiges archéologiques de la place de l'Atre que l'opportunité des travaux du chauffage urbain devrait permettre d'étudier au profit de la connaissance des origines de la Ville, et donc de la Ville elle-même.

Lien vers Vosges Télévision

Le reportage sur les fouilles commence environ 2min 30s après le début (Papeterie de Raon).

mercredi 22 octobre 2014

Reconstruire Epinal : Jean Crouzillard

 Jeudi 23 octobre à 20h30

Amphithéâtre de la faculté de Droit, rue de la Maix à Épinal

Conférence par Charles Kraemer, président de la S.E.V.

Avec la participation de Claude Faltrauer, chargé du patrimoine du diocèse de Saint-Dié.

Après les bombardements de la deuxième guerre mondiale, une bonne partie de la ville d'Épinal est à reconstruire. Parmi les architectes qui œuvrent à cette reconstruction, un nom domine, celui de Jean Crouzillard (1906-1983) Architecte en chef de la reconstruction, il s'installe définitivement à Epinal. Son cabinet d'architecte œuvre sur l'ensemble de la ville au fil des années et de nombreux bâtiments publics et privés lui sont dus : la gare, l'hôpital Jean Monnet, les ISAI de Chartraine, la synagogue et l'église Notre-Dame-au-Cierge, édifice labellisé patrimoine du XXe siècle et classé Monument historique.

Charles Kraemer propose de revenir sur le parcours de cet architecte dont l'œuvre aux multiples facettes a façonné l'Épinal d'aujourd'hui du milieu des années 1940 au milieu des années 1960.

Cette conférence vient en écho au baptême de la place devant l'église Notre-Dame du nom de "esplanade Jean Crouzillard" qui aura lieu le jour même.

Fouilles place de l'Atre : le point sur la situation



Mardi 21 octobre 2014. Près d’un mois après l’alerte lancée par la Société d’émulation devant le risque d’une destruction des couches archéologiques du cimetière médiéval d’Épinal, une réunion in situ s’est déroulée en présence de représentants de la ville et du service régional d’archéologie (DRAC Lorraine).
Un constat simple : il ne s’agit pas d’un sujet mineur, mais bien d’un site qui pourrait être d’un grand intérêt pour la connaissance de la population spinalienne entre, potentiellement, le Xe et le XVIe siècle. La simple visualisation des ossements le long des parois des tranchées et au fond de la fouille laisse apparaître une forte concentration de sépultures sur au moins trois ou quatre niveaux. À noter que les corps sont bien en place ; autrement dit, nous ne sommes pas en présence d’un ou plusieurs charniers.

Par ailleurs, des structures en moellons calibrés apparaissent à plusieurs reprises. Si certaines peuvent correspondre aux fondations d’anciens édifices adossés au chœur de la basilique, d’autres semblent bien être des bâtiments créés à l’intérieur même de l’aire cimétériale.



Les clichés du chantier actuel permettent de faire deux autres constats. D’une part, la tranchée qui traverse la place de l’Âtre ne reprend absolument pas d’anciens réseaux. Ce qui pouvait être le cas rue Thierry de Hamelant ne l'est pas en ce qui concerne l’ancien cimetière. Quand les réseaux existent, on perçoit nettement que les tuyaux du chauffage urbain passent en-dessous, généralement à 2 m de profondeur. D’autre part, on peut s’étonner de voir des ossements humains joncher le sol, sans aucun égard à leur endroit. La législation sur les sépultures est pourtant claire sur l'obligation de ré-inhumer les corps déterrés. Évidemment, cela est tâche quasiment impossible lorsqu’un chantier traverse de part en part un cimetière, mais cela ne justifie pas de voir des ossements au grand jour, sur la grille d'un égout par exemple.

Reste à définir la suite des travaux. Dans le prolongement de la tranchée, au niveau du carrefour entre la place de l’Âtre, la place Edmond Henry, la rue Jeanmaire et la rue d’Ambrail, une fosse de 4 m de profondeur doit être ouverte sur un espace d’environ 8 m sur 5, soit une zone de 40 m². Si on admet qu’au-delà de 2 m nous sommes en présence de sables alluviaux et qu’entre +/- 40 cm sous la chaussée nous sommes en présence d’une zone perturbée par les travaux antérieurs, il reste une couche de terre noire d’une épaisseur de 1,50 à 2 m : or, c'est elle qui contient les sépultures. Au regard de la concentration des corps observée dans les parois de la tranchée déjà ouverte, on peut s’attendre à découvrir dans l’emprise de la fosse une centaine de sépultures.




Si une fouille préventive – ou plutôt de sauvetage dans le cas précis – est ordonnée par le service régional d’archéologie, il y aurait évidemment des conséquences sur la poursuite du chantier d’extension du chauffage urbain en termes de calendrier et de coût. Concernant ce dernier point, le financement d’une telle opération revient à l’aménageur qui est l’entreprise Cofély, c'est-à-dire GDF Suez – et non la ville d’Épinal. D’après les informations postées sur le site de la mairie, l’investissement pour l’extension du réseau est fixé à 8,5 millions d’euros ; ils sont financés par Cofély pour 4,5 millions, l’ADEME pour 2 millions et les abonnements des futurs utilisateurs pour 2 millions. A priori, la charge de la fouille pourrait être répartie entre ces partenaires.

La décision du service régional d’archéologie devrait intervenir avant le début du creusement de la fosse prévue début novembre.


Il est donc encore temps d'agir pour ne pas perdre les précieuses informations archéologiques sur les origines d'Epinal que constituent ces vestiges et ces ossements

Le bureau de la SEV

mercredi 15 octobre 2014

Du Pays de Courbet à celui de Pasteur, de l’absinthe au vin d’Arbois


Voyage culturel des 23 et 24 août 2014. En autocar, départ d’Epinal le 23 à 7h, retour le 24 à 20h.

Un compte rendu détaillé de ce voyage sera publié comme il est d’usage dans les prochaines Annales de l’Emulation.

En attendant, de mémoire (enfin presque...), quelques impressions personnelles d’un participant :

 

Le Musée Courbet à Ornans
La Loue à Ornans
Le programme commence à Ornans par un petit temps gris. Le vieux musée Courbet a laissé place à une réalisation lumineuse qui marie le verre et l’acier à la vieille pierre de la maison du peintre, et la rigueur géométrique aux reflets changeants de la Loue.

A l’intérieur, les collections permanentes bénéficient d’un accrochage plutôt réussi, à quelques contre-jours près. Une progression pédagogique soutenue par un commentaire de qualité fait vivre les toiles de Courbet, de ses maîtres et de quelques suiveurs. Artiste engagé à la fois célébré par le monde et victime de la petitesse de celui-ci, Courbet lui-même nous apparaît ici dans son génie et ses contradictions. Annoncée comme elle le mérite, l’exposition temporaire est construite autour de « L’origine du monde », œuvre célébrissime s’il en est. Un cheminement intelligent conduit le visiteur pensif au profond mystère de ce tableau unique qui n’a rien perdu de sa puissance subversive.




Pontarlier, 8 rue de la République
Après un excellent repas dans un restaurant dominant la haute vallée de la Loue et sous un soleil intermittent, le voyage passe par Pontarlier, son patrimoine XVIIe et XVIIIe siècles et son musée de l’absinthe. En sortant de là, on sait tout et même davantage sur la fameuse fée verte. Mais ce musée présente également une intéressante collection de peintres de l’École comtoise de l’entre-deux guerres. On y trouve d’indéniables réussites dues à de véritables talents au service d’une peinture faussement réaliste, ombrée parfois d’un léger sfumato, étrange et dérangeante, qui développe les thématiques du travail et de la terre dans un esprit qui connaîtra le succès que l’on sait dans les premières années quarante. Dans un tout autre registre, une exposition sur les Celtes au premier Âge du fer permet d’admirer la créativité et l’habileté des artistes de ces civilisations perdues dont nous aurions tort de sous-estimer le raffinement et la complexité.




Château de Joux, Vauban n'est pas loin
Quelques marches...
C’est un jeune guide aussi compétent que sympathique qui nous fait découvrir le Château de Joux. Après une succession d’enceintes, de portes, et d’escaliers, la vue du haut de la forteresse permet une révision des connaissances en géomorphologie jurassienne, un peu limitée toutefois par un ciel bouché et un début d’averse. Mais l’intérieur a d’autres ressources. Des escaliers certes, qui montent ou qui descendent, et des prisons hantées par la triste Berthe de Joux, victime attendrissante d’un injuste jaloux, Toussaint Louverture, victime politique d’un despote esclavagiste (*), et Mirabeau, victime familiale d’un père lassé de ses dépenses et de son obstination à fabriquer des cocus. Quelques salles abritent une remarquable collection d’armes anciennes, très bien installées et présentées.




Petit matin sur le lac de Saint-Point

Après un diner et une nuit confortable dans un hôtel de Malbuisson, les bancs de brume résistent comme ils peuvent aux attaques du soleil sur le lac de Saint-Point, et l’on regrette de n’être pas Coleridge ou Lamartine pour en parler mieux. Le chauffeur du car met le beau temps à profit pour nous conduire à Salins-les-Bains par un chemin des écoliers dont il a presque le secret. C’est vraiment beau, simplement, et la descente dans la vallée de la Furieuse, magnifique.







De la saumure au sel
La force hydraulique
L’intérêt du voyage ne faiblit pas. La visite de la grande saline, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, s’il-vous-plaît, révèle un des très rares endroits au monde où il est possible de voir des installations industrielles de production du sel, telles qu’elles ont fonctionné pendant plusieurs siècles, et jusqu’il y a quelques décennies seulement. Un excellent guide a su donner vie à cet ensemble de machines et de bâtiments en évoquant aussi bien les aspects techniques et économiques de cette industrie que la vie quotidienne des hommes et des femmes qui y travaillaient.





Le jardin de Pasteur

Restaurés au Casino de Salins-les-Bains, il nous restait une étape : Arbois, ses vignobles et son grand homme.

Le passage par la maison de Pasteur (le grand homme, c'est lui) a quelque chose d’émouvant qui mettrait presque mal à l’aise. On est saisi du contraste entre cet intérieur bourgeois avec ses fauteuils Louis-Philippe et l’universalité de l’œuvre de l’occupant des lieux. Heureusement qu’il y a le laboratoire pour faire savant et le jardin au bord de l’eau pour respirer.






Les chais
Enfin, c’est un vigneron passionné par son métier qui nous fait découvrir ou redécouvrir l’étonnante palette des vins d'Arbois. Il décrit la variété des cépages, bourguignons comme le Pinot ou le Chardonnay, mais aussi spécifiques comme l’emblématique Savagnin ou les plus méconnus Poulsard et Trousseau. Il explique les vinifications originales du Vin jaune, si particulier, ou du Vin de paille, ce blanc liquoreux extrait de fruits passerillés secs comme des raisins de Corinthe. C’est juste dommage que l’attention d’une partie de l’assistance n’ait pas été à la hauteur des compétences et de la passion du vigneron.





Il restait au chauffeur à nous ramener à Epinal, ce dont il s’acquitta sans faute. Et il me faut encore une fois remercier et féliciter Nadine Ribaudo pour la préparation de ce voyage, son organisation, et son pilotage sur le terrain, tout en efficacité et en discrétion.

                                                                                                                                                                                        C.E.

(*) C’est sous ce jour sans doute réducteur et discutable que Napoléon nous est apparu au fond du cachot glacial où il envoya mourir Toussaint Louverture.

lundi 13 octobre 2014

Visite de l'exposition "L'image des Vosges"

Comme annoncé dans un article précédent, l'Emulation a visité l'exposition "L'image des Vosges" aux Archives départementales.

Le maître de maison, François Pétrazoller, a mis ses compétences et son sens de l'humour au service d'un groupe d'une quinzaine de visiteurs attentifs et disciplinés.


L'exposition parcourt le temps des origines au début du XIXe siècle (il y aura une suite). Elle propose d'abord deux stèles antiques évoquant plus ou moins directement le dieu chasseur et forestier Vogesus, éponyme et tutélaire des Vosges. Déjà, tout anachronisme mis de côté, l'image se dessine : les Vosges, c'est d'abord la Forêt des ombres et des mystères, accueillante et dangereuse à la fois. Cette impression se voit confirmée par la mention des Vosges en tant que forêt, Silva vosagus, sur la Table de Peutinger, reproduction médiévale (XIIIe) d'une carte antique.


La visite fait ensuite la part belle à la cartographie : toute une série de cartes anciennes dont l'intérêt scientifique le dispute à l'attrait visuel sont proposées au visiteur, comme la très belle représentation des Hautes Chaumes par Thierry Alix. De l'Antiquité à l'Epoque moderne, on peut appréhender l'évolution d'un art dans ses composantes techniques, politiques, économiques et simplement humaines. C'est que la carte ne donne pas seulement à voir la topographie, d'ailleurs parfois maladroite selon  nos critères modernes, elle proclame la puissance et la richesse du prince, ou parfois plus modestement (et plus tardivement) l'aisance du bourgeois enrichi et avide de reconnaissance sociale. Elle sert d'outil au militaire, c'est bien connu, mais aussi à l'agent des impôts et même au juge. Il s'y glisse parfois de petites scènes de la vie quotidienne qu'un oeil averti sait apercevoir : ah ! le curé mordu par un chien... j'avoue que j'ai adoré cela.

Les représentations urbaines des XVIIe et XVIIIe siècles nous transportent dans les conflits de la guerre de Trente ans et les péripéties du rattachement de la Lorraine à la Couronne de France. Instruments de politique et de communication, ces Plans de ville et autres Vues d'oiseau témoignent d'une remarquable maîtrise des outils et des procédés techniques.

L'exposition s'achève sur une collection de peintures du début du XIXe siècle. Les artistes oscillent entre les séquelles du mythe du Bon sauvage dans la pureté originelle de la Nature montagnarde, et l'émergence de la sensibilité romantique. Déjà présente aux origines, une image des Vosges et du Vosgien ambivalente, faite d'un mélange d'attirance et de distanciation, prend sa forme contemporaine sous nos yeux. Encore un effort et les touristes pourront arriver !

Cette Exposition dure jusqu'au 12 décembre. Allez-y, retournez-y.

Les photographies des documents exposés n'étant pas autorisées, nous ne présentons ici que des vues du groupe de visiteurs.

C. E.                                              

lundi 6 octobre 2014

Programme des conférences du 2ème semestre 2014



Jeudi 9 octobre                         
Visite guidée de l’exposition : L’Image des Vosges. Des origines au début du XIXe siècle
par François Petrazoller,  Directeur des Archives départementales des Vosges
Réservation vivement conseillée : au 03 29 81 80 70


Jeudi 23 octobre
Reconstruire Epinal : Jean Crouzillard
par Charles Kraemer


Mardi 18 novembre
Contribution à l'histoire du Chapitre Saint-Goëry d'Epinal ; étude anthropologique des Dames abbesses de la crypte Saint-Sauveur
par Périne Munaro 


Plus de détails et possibilité de télécharger ce programme dans la rubrique Conférences

samedi 4 octobre 2014

vendredi 3 octobre 2014

L’Image des Vosges. Des origines au début du XIXe siècle

La Société d’émulation du département des Vosges a le plaisir de vous inviter à sa prochaine manifestation :

Jeudi 9 octobre  à 17h30

Visite guidée de l’exposition temporaire aux Archives départementales des Vosges, par François Petrazoller, Directeur des Archives départementales des Vosges

  « L’Image des Vosges. Des origines au début du XIXe siècle »

Premier volet d’une série de  manifestations consacrée à la représentation des Vosges, cette exposition baptisée « L'Image des Vosges, Des origines au début du XIXe siècle », met à l'honneur l'image, les images des Vosges sur toutes sortes de supports en apportant un regard à la fois historique et artistique, moderne et contemporain.

L'Image des Vosges a évolué au cours des siècles, depuis la représentation de son Dieu tutélaire Vosegus, aux origines de leur dénomination, jusqu'au foisonnement artistique du début du XIXe siècle, qui détermine en grande partie notre vision actuelle du territoire.

Un film de 12 minutes, visible dans l’exposition, présente des cartes anciennes des Vosges sous une forme approfondie et didactique. 



Exposition du 20 septembre au 12 décembre 2014
Archives départementales de Vosges, avenue Pierre Blanck à Épinal