Conférences SEV


Conférences 2017




EUGENE GLEY, "L'AMI D'ENFANCE ET DE TOUJOURS" DE DURKHEIM


Eugène (Émile Marcel) Gley (Épinal,1857- Paris, 1930) est un "Vosgien de Paris" connu pour avoir été Professeur de biologie au Collège de France de 1908 à sa mort. 
 
Ses travaux auraient pu lui permettre d'obtenir le Prix Nobel, comme son collègue et ami Charles Richet, mais il estimait que ses données n'étaient pas assez fiables. 

 
​Avant que d'être une figure en vue du Paris intellectuel et de "Sorbonne-plage" en Bretagne, dreyfusard parmi les fondateurs de la Ligue des Droits de l'Homme, ce médecin-philosophe a connu une trajectoire emblématique du "champ réformateur" (C. Topalov) de la France républicaine du dernier quart du XIXème siècle.

 
​Issu d'une longue lignée de vosgiens, famille connue sur Épinal, maître de Louis Lapicque, spinalien encore plus fameux, tour à tour assistant de Beauvais à Nancy, de Marey, Brown-Séquard (qui fût témoin de son mariage), Gréhant, Perrier et Duval à Paris, longtemps secrétaire de la Société française de Biologie, co-fondateur de la Société française de psychologie aux côtés de son cousin par alliance Alfred Binet, ses centres d'intérêt l'ont amené à publier régulièrement dans la Revue philosophique de Ribot, et à être la cheville ouvrière du Congrès international de Psychologie physiologique durant l'Exposition universelle de Paris en 1889, où il côtoie, en compagnie de son ancien camarade de collège Durkheim, Freud, William James, Pierre Janet, Bernheim, Richet, Lombroso, Binet... 

 
Nous ne ferons ni sa biographie ni la présentation de ses découvertes médicales mais, dans la perspective de notre article "Durkheim, Mauss et la dynamogénie : le lien Gley", publié aux Durkheiman studies de 2015, nous décrirons un "air du temps", un horizon intellectuel bien particulier, qui a donné naissance aussi bien à la médecine et à la psychologie expérimentales, qu'à la sociologie et à la psychanalyse, toutes issues de la prise au sérieux, scientifiquement parlant, du sommeil, de l'hypnose, de la dynamogénie, de l'extase, de l'inconscient, des hallucinations, du mysticisme, pour expliquer le fonctionnement routinier des conduites humaines, et les fondements de la société républicaine conquérante. 

 
Au principe du mouvement humain se trouve la dialectique largement inconsciente des nerfs de dépense et d'économie, devenue par extension, jusqu'en politique, un éloge de l'action, du social, du collectif et du vivant.


Conférence par Nicolas Sembel

Professeur de sociologie de l'éducation, Espé/Aix-Marseille Université

Le 15 juin (18h), Amphithéâtre de la BMI, rue Saint-Michel à Epinal





USINES ET POISSONS

La pollution des cours d’eau à la Belle époque :

l’exemple du département des Vosges



Conférence illustrée par Philippe Alexandre
Professeur à l’Université de Lorraine
Membre de la Société d’émulation des Vosges

Jeudi 22 Juin 2017 à 18 heures

Amphithéâtre de la b.m.i., rue saint Michel à Épinal


Sous l’effet de l’industrialisation, la pollution des rivières est devenue, dans les années 1860, une cause de préoccupation constante : elle constitue une menace non seulement pour certaines espèces animales : les poissons, les écrevisses ou les perles de la Vologne par exemple, mais aussi pour la santé publique. Dans le département des Vosges, qui fera ici l’objet d’une étude de cas, c’est la région montagneuse, très industrialisée, qui est surtout concernée.

Depuis la fin du Second Empire, des alertes ont été lancées par les ingénieurs, les conseils d’hygiène et certains conseillers généraux ; une législation obsolète et la crainte de compromettre le développement de l’activité économique empêcheront toutefois la situation d’évoluer. Des séances parfois houleuses opposent, durant certaines sessions du Conseil général des Vosges, les « écologistes » avant la lettre et les représentants des milieux industriels.

Face à cet état de choses, on voit se multiplier les associations de pêcheurs à la ligne, très actives, qui inscrivent à leur programme la lutte contre la pollution des cours d’eau. Des articles de presse décrivant les dommages causés par les usines s’efforcent de faire réagir les pouvoirs publics.
Une prise de conscience suscite enfin un certain mouvement : le préfet des Vosges, comme d’autres, prend des arrêtés, des études scientifiques sont réalisées, entre autres par les professeurs de l’École supérieure de pharmacie de Nancy, des communications sont faites dans les académies, les hygiénistes fonctionnent comme lanceurs d’alertes.

La pollution des cours d’eau a été, à ce que l’on appelle la « Belle Époque », un problème à la fois écologique et social. En effet, la pêche à la ligne avait une importance toute particulière pour les classes populaires ; il ne s’agissait pas seulement de préserver des espèces, mais aussi de permettre aux gens de condition modeste de trouver dans cette activité le moyen de se nourrir tout en se divertissant. C’est pourquoi une étude de cette question peut donner parfois le sentiment que le sort des poissons inquiétait plus que celui des populations.

Cette conférence illustrée s’appuiera entre autres sur la collection de cartes postales de la bmi, la Bibliothèque Multimedia Intercommunale Épinal-Golbey.





Conférences 2016



 

UN OVNI SCOLAIRE AU PREMIER XIXe SIÈCLE :
LÉCOLE MUTUELLE DANS LES VOSGES ET A ÉPINAL

conférence de Christian Euriat
professeur honoraire


mercredi 16 novembre | 19h00 | ÉSPÉ, 1 rue Charles Perrault, Épinal | entrée libre et gratuite


Au début de la Restauration, après les projets généreux mais inaboutis de la Révolution et le relatif désintérêt de l’Empire, l’école primaire française est en piteux état. L’immense majorité des enfants reçoit un enseignement minimal professé par des maîtres aussi mal payés qu’incompétents (à quelques rares exceptions près) selon des méthodes archaïques et inefficaces. L’État va s’en préoccuper et devoir prendre position vis-à-vis de deux offres alternatives, celle des Frères des écoles chrétiennes, déjà présents sous l’Ancien régime, et celle de l’école mutuelle. La première offre est bien connue, puisqu’elle préfigure l’école telle qu’elle est encore organisée, avec ses élèves répartis par classes d’âge. La seconde est au contraire fort mal connue. Invention anglaise importée en 1815 par des représentants de la bourgeoisie libérale, elle transforme l’enseignement en un véritable processus industriel, réglé comme un défilé militaire où un seul maître dirige un hallucinant ballet de plusieurs centaines d’élèves répartis en groupes de huit (à peu près) dans une seule grande salle, secondé par quelques élèves plus avancés que les autres appelés Moniteurs. Pour diverses raisons politiques, l’école mutuelle connaîtra deux moments d’engouement, 1815-1820 et 1830-1835, une forte récession entre ces deux périodes, et une lente érosion après 1835 pour disparaître vers 1850. Les Vosges ne seront pas en reste, ni la ville d’Épinal, qui montera un ambitieux projet dès 1818 et dont l’école communale sera mutuelle pendant plus de trente ans, avant de devenir une école comme les autres, sous le nom d’école de la Bibliothèque.

Pour se rendre à l’ESPE (ex IUFM)
Venant du centre d’Épinal, monter la voie Carpentier jusqu’au bout. Prendre à droite, traverser le rond-point. Monter l’avenue de Beau Site jusqu’au bout. Traverser le rond-point et le parking (piscine et dojo). L’entrée de l’ESPE est juste en face, c’est écrit dessus. Pénétrer en voiture, il y a un parking à l’intérieur. Venant d’ailleurs que du centre, viser la piscine et le dojo. A noter que l’ESPE est indiquée sur les panneaux à chaque carrefour déterminant.





LES ARCHITECTES ITALIENS DANS LES VOSGES 17e-18e SIÈCLES

conférence de Raphaël Tassin
docteur de l’École pratiques des Hautes Études


mardi 25 octobre | 20h30 | Faculté de droit, rue de la Maix, Épinal | entrée libre et gratuite


La Lorraine, et notamment les Vosges, ont été à la fin du 19e et au début du 20e siècle une terre d’accueil pour une importante diaspora italienne. Ce phénomène n’était pourtant pas nouveau dans la région. Les liens entre Lorraine et péninsule italienne existent en effet depuis le Moyen Âge et ont connu un certain âge d’or dans la seconde moitié du 16e siècle, sous le règne du duc Charles III. Après la fin de la Guerre de Trente Ans, un très important mouvement migratoire en provenance de l’Italie du Nord, notamment des vallées alpines comme la Valsesia mais aussi de Suisse italophone, a touché la Lorraine. La grande majorité des nouveaux arrivants exerçaient une activité en rapport avec les métiers du bâtiment : architecte, entrepreneur, maçon, tailleur de pierre, stucateur...

Cette conférence sera l’occasion de dresser un panorama à la fois historique et artistique de l’activité de ces architectes italiens qui œuvrèrent sur le territoire de l’actuel département des Vosges entre le dernier tiers du 17e et le 18e siècle. En-dehors des personnalités et bâtiments les plus célèbres (Giovanni Betto à la cathédrale de Saint-Dié ou à l’abbaye d’Étival par exemple), il sera également question d’artistes méconnus ainsi que d’édifices moins prestigieux à l’instar de certaines églises paroissiales.




JULES FERRY ET L’ALLEMAGNE :
UN MOMENT OUBLIE DES RELATIONS FRANCO-ALLEMANDE


conférence de Philippe Alexandre
professeur à l’Université de Lorraine


jeudi 29 septembre | 18h30 | Salon Jeanne d'Arc, Hôtel du département des Vosges, 8 rue de la Préfecture, Épinal, amphithéâtre | entrée libre et gratuite

avec le soutien du Conseil départemental des Vosges

L’histoire des relations de Jules Ferry avec l’Allemagne reflète les étapes de son évolution intellectuelle, mais la perception de son œuvre politique et l’image que l’on avait de lui outre-Rhin sont un phénomène remarquable qui mérite aujourd’hui d’être rappelé et analysé dans toute sa complexité.
Le jeune Ferry, qui a fait ses études dans un lycée de Strasbourg et épousera une Alsacienne, connaît bien l’Allemagne. De Munich et d’Allemagne du Sud, il enverra des lettres dans lesquelles il s’exprime sur la nouvelle culture allemande ; c’est qu’en effet il n’a pas seulement étudié le droit, il a aussi un intérêt prononcé pour l’art. Quant au républicain idéaliste des années 1860, opposé au régime de Napoléon III, il a des contacts avec le mouvement démocrate européen. Le vague pacifisme et le programme de décentralisation auquel lui et ses amis souscrivent ont avant tout pour but de miner l’Empire. Et, comme Ferry le dira, à Bordeaux, en 1885, il fut « converti par les événements ». On n’oublie pas qu’après la proclamation de la République, au moment du siège de Paris, il était maire de Paris. L’« année terrible » fit de lui un patriote.
Parvenu aux responsabilités ministérielles, il met en œuvre son projet de rénovation de l’École française, en vue du redressement du pays ; mais ses lois scolaires, en particulier celle du 28 mars 1882, qui crée l’école laïque, gratuite et obligatoire, attire très tôt l’attention de l’opinion allemande. On peut même dire qu’elles provoquent un véritable débat dans la presse de l’Empire voisin : condamné par les conservateurs, Ferry est en revanche applaudi par les libéraux allemands qui mènent encore à cette époque leur Kulturkampf, la lutte contre l’influence de l’Église.
La constitution de l’empire colonial français constitue l’autre grande partie de l’héritage de Ferry. À cette époque, les grandes puissances européennes se partagent le monde. L’entreprise coloniale est considérée par ses partisans en France comme une compensation après les « désastres » de 1870/1871. Bismarck l’a bien compris. Ne dit-il pas en effet : « Il faut savoir laisser le coq gaulois gratter le sable du désert. » Mais le chancelier lui-même doit, en 1884, faire des concessions aux partis qui, en Allemagne, sont favorables à l’aventure coloniale. Ferry sait s’entendre avec lui, entre autres sur la question du Congo, ce qui lui vaut le surnom de « Ferry le Prussien ». Cette souplesse, Ferry l’a un jour appelée la « sagesse pratique ».
Cet arrangement avec l’Allemagne, jugé très sévèrement par ses adversaires en France, est utilisé contre lui, après sa chute encore, lors de la campagne électorale de 1889 à l’issue de laquelle il perd son siège de député à Saint-Dié. Mais, à sa mort, au début de 1893, sa personnalité et sa fidélité à ses idées forcent le respect. Dans la presse allemande, l’image de Ferry restera positive. Les Allemands ont certes compris que son œuvre politique avait une forte dimension patriotique, mais l’homme d’État « opportuniste » avait travaillé à l’avènement d’une République pour eux fort acceptable.
Il serait réducteur de limiter à ces données la perception de Jules Ferry en Allemagne ; une analyse des articles ou études qui lui furent consacrés par la suite le montre : à la veille de la Grande Guerre, il était encore regretté chez nos voisins d’outre-Rhin et considéré comme l’un des plus grands hommes d’État que la France ait connus.





LES 7 VIES DE LOUIS LAPICQUE 

conférence d'Alexandre Laumond 

lundi 6 juin 2016 | 20h00 | Lycée Louis Lapicque, Épinal, amphithéâtre | entrée libre et gratuite
  
Professeur de physiologie à la Sorbonne, le Spinalien Louis Lapicque (1866-1952) a eu le parcours typique du brillant universitaire d’origine provinciale ayant atteint le sommet de la carrière professionnelle et sociale, en dépit de ses erreurs et de ses disputes homériques avec ses homologues anglais. Mais Lapicque a eu bien d’autres vies... Pour s’en rendre compte, il suffit de s’interroger sur son arrestation par les Allemands à l’automne 1941. Que pouvait donc représenter cet homme de 75 ans aux yeux de l’Occupant et de Vichy ?


Au-delà de son parcours scientifique, Lapicque incarne en réalité la figure de l’« intellectuel », celle qu’a générée l’affaire Dreyfus à l’aube du XXe siècle. Considérant que l’instruction est la clef de l’émancipation des individus et le fondement de la République, il s’est engagé dans tous les mouvements qui défendent ces idéaux. Il milite activement à la Ligue des Droits de l’Homme – qu’il contribue à fonder –, dans le mouvement des Universités populaires, mais aussi au sein du Grand Orient de France dont il devient l’une des figures incontournables. Cette extériorisation du savant, hors de sa tour d’ivoire, Lapicque la prolonge sur le terrain politique puisqu’il est l’un des animateurs du tout jeune parti socialiste des Vosges sous l’étiquette duquel il se présenta à deux reprises.
Vosgien de souche et breton d’adoption, directeur de laboratoire mais aussi navigateur expérimenté, autoritaire et combatif, Lapicque a toujours refusé d’être enfermé dans de petites cases partisanes tout en épousant la parfaite figure du mandarin universitaire. C’est la trajectoire complexe d’une génération confrontée à l’Histoire heurtée du premier XXe siècle.

 



LES FORETS VOSGIENNES A L’ÈRE INDUSTRIELLE

conférence d'Eric Tisserand, docteur en histoire

 mardi 17 mai 2016 | 19h00 | ENSTIB, Épinal, grand amphithéâtre | entrée libre et gratuite


Aujourd'hui, la filière bois constitue un secteur d'activité dynamique sur le territoire départemental. Pour comprendre comment elle s'est construite, il faut remonter deux siècles en arrière, des années 1830 jusqu'à la Grande Guerre, période où le département s'industrialise. Si dès le début du XIXe siècle, l'exploitation des forêts permet déjà la fabrication de produits sciés (planches et charpentes) et de boissellerie, vendus hors du département, le travail du bois connaît ensuite d'importantes mutations à partir de la Restauration, et plus encore durant les années 1850-1860. Le travail en forêt s'intensifie, grâce à un aménagement plus rationnel des espaces boisés, et permet d'extraire plusieurs centaines de milliers de mètres cube de bois par an. Les productions, organisées par une majorité de petites et moyennes entreprises familiales, forment progressivement une filière industrielle, par le développement d'activités de première transformation (essor des entreprises de sciage privées), de seconde transformation (industries de la menuiserie, du meuble, de la boissellerie) et d'un secteur de la papeterie utilisant les pâtes de bois. Constituée de 800 entreprises, mobilisant près de 10 000 Vosgiens (patrons et salariés), la filière bois marque fortement de son empreinte le département au début du XXe siècle, et constitue un bel exemple historique du rôle moteur de la petite industrie dans l'industrialisation progressive d'un territoire.



LA GRANDE GUERRE DES CIVILS DANS LES VOSGES

Conférence d'Anne Peroz

Vendredi 19 février 2016 à 20h30 

Amphithéâtre de la faculté de Droit, rue de la Maix à Épinal | entrée libre

Depuis 1870, les Vosges, au contact de "l’ennemi héréditaire", sont un département industriel extraordinairement militarisé. Le département subit ainsi la Grande Guerre de multiples façons : humainement, économiquement, socialement et militairement. En 1914-1918, les Vosges ne constituent plus une entité administrative ou un espace de collectivité humaine, mais un théâtre de guerre. Quelle a été la réalité de la vie des populations vosgiennes dans un territoire en état de siège, rattaché à la zone des armées et si proche du front ? Comment les civils vosgiens ont-ils été mis à contribution et quelle fut l’ampleur de leur effort de guerre ? Leur situation a-t-elle été plus difficile dans ce département que dans d’autres également situés à proximité de la ligne de feu ?

Ces questions trouvent désormais leurs réponses dans le travail d'Anne Peroz : sa thèse de doctorat en Histoire du droit vient d'être éditée sous le titre Vivre à l’arrière du front, Vosges 1914-1918, aux Éditions Édhisto. Elle présentera les grands aspects de la vie des Vosgiens à l’arrière du front pendant le premier conflit mondial, en évoquant des problématiques telles que le ravitaillement, les réquisitions, la lutte contre l’espionnage ou encore l’effort de l’industrie.


LES VOSGES, UNE DIVERSITÉ PÉTROLOGIQUE REMARQUABLE 


conférence de Cyrille DELANGLE, conservateur du Centre de Géologie Terrae Genesis
samedi 2 avril | 16h00 | faculté de droit d’Épinal, rue de la Maix | entrée libre et gratuite


Le massif vosgien, au-delà de toutes ses frontières administratives, possède la particularité géologique d'être un relief jeune, mais constitué de roches anciennes. Son extension géographique modeste ne doit pas faire oublier que plusieurs centaines de roches différentes y ont été découvertes par des générations de géologues.

Pourquoi le massif vosgien possède-t-il une telle diversité pétrologique ?
Quels sont les éléments permettant de reconstituer une histoire géologique ?
Quel est l'état de la recherche actuelle dans ce domaine ?










LA PLACE DU PAYSAGE DANS LA RECONSTRUCTION DES VILLES VOSGIENNES
conférence de Jean-Marie SIMON, architecte, ancien directeur du CAUE de Meurthe-et-Moselle
mardi 3 mai | 20h30 | faculté de droit d’Épinal, rue de la Maix | entrée libre et gratuite

La question du paysage, naturel ou urbain, n’apparaît pas comme une question centrale de la reconstruction qui suit la Seconde Guerre mondiale. Très présente lors de la première reconstruction, à travers les objectifs d’embellissement ou de création de pittoresque, elle semble disparaître dans les années 1940, car les questions d’industrialisation et d’organisation institutionnelle sont au centre des discours.
Le département des Vosges est particulièrement touché par les destructions ; Épinal, préfecture, Saint-Dié, sous-préfecture, plusieurs villes : Gérardmer, La Bresse, Charmes, Saint-Léonard…, mais aussi des bourgs, des villages et des fermes isolées. Seul département fortement sinistré à offrir un relief montagneux, il présente une grande diversité de situations aux urbanistes et aux architectes en chef. Comment prirent-ils en compte ces sites ? Le département a aussi une dimension touristique que les collectivités sont soucieuses de retrouver. Comment les techniciens prirent-ils en compte cette attente ? Enfin le débat qui se déroule dans la ville de Saint-Dié, oppose, le ministère de la reconstruction, les architectes et les sinistrés, et constitue un débat majeur dans l’histoire de l’urbanisme moderne, opposant aux paysages naturels les « rues corridors » dénoncées par Le Corbusier.
Les références explicites aux paysages sont rares et se découvrent au détour d’un texte, d’une prise de position ou d’un article de presse. Mais dans les projets, dans les décisions des architectes, le choix de certaines dispositions découle d’une observation du lieu, de contraintes ou d’opportunités à saisir. L’eau, la rivière où le lac ; une vue sur une montagne ou une vallée deviennent des éléments d’organisation urbaine. La reconstruction sur des sols nivelés, donne un « nouveau socle » à la ville, des rues et des espaces publics plus larges ouvrent de nouveaux horizons et autorisent de nouvelles compositions urbaines. Aussi le regard à porter sur les villes reconstruites se doit d’être curieux, et la conférence propose certains points de vue pour aider à construire des regards renouvelés sur ces paysages quotidiens de nombreux habitants des Vosges.





LES FORETS VOSGIENNES A L’ÈRE INDUSTRIELLE

conférence d'Eric Tisserand, docteur en histoire

 mardi 17 mai 2016 | 19h00 | ENSTIB, Épinal, grand amphithéâtre | entrée libre et gratuite


Aujourd'hui, la filière bois constitue un secteur d'activité dynamique sur le territoire départemental. Pour comprendre comment elle s'est construite, il faut remonter deux siècles en arrière, des années 1830 jusqu'à la Grande Guerre, période où le département s'industrialise. Si dès le début du XIXe siècle, l'exploitation des forêts permet déjà la fabrication de produits sciés (planches et charpentes) et de boissellerie, vendus hors du département, le travail du bois connaît ensuite d'importantes mutations à partir de la Restauration, et plus encore durant les années 1850-1860. Le travail en forêt s'intensifie, grâce à un aménagement plus rationnel des espaces boisés, et permet d'extraire plusieurs centaines de milliers de mètres cube de bois par an. Les productions, organisées par une majorité de petites et moyennes entreprises familiales, forment progressivement une filière industrielle, par le développement d'activités de première transformation (essor des entreprises de sciage privées), de seconde transformation (industries de la menuiserie, du meuble, de la boissellerie) et d'un secteur de la papeterie utilisant les pâtes de bois. Constituée de 800 entreprises, mobilisant près de 10 000 Vosgiens (patrons et salariés), la filière bois marque fortement de son empreinte le département au début du XXe siècle, et constitue un bel exemple historique du rôle moteur de la petite industrie dans l'industrialisation progressive d'un territoire.




LAPICQUE, L'HOMME AUX MULTIPLES VISAGES

conférence d'Alexandre Laumond, agrégé d'histoire

 lundi 6 juin2016 | 20h00 | Amphithéâtre du lycée Lapicque, Épinal | entrée libre et gratuite




Pour mémoire : Programme des conférences du 2ème semestre 2015

 Mercredi 14 octobre 2015 à 20h30
 Amphithéâtre de la Faculté de Droit, rue de la Maix à Épinal

 " Épinal vu par les artistes, du dessin à la gravure XVIIe – XXe siècles "

Par Fabrice Henriot, secrétaire de la Société d’émulation des Vosges, collectionneur




Du 19 au 24 octobre
A Epinal et dans les environs

Festival International de Sociologie

"Les figures de l'engagement"

Tout le programme



Mercredi 4 novembre 2015 à 20h30

Amphithéâtre de la faculté de Droit, rue de la Maix à Épinal

 « Autour de la carte géognostique du capitaine Rozet – 1835 »

La première carte géologique du département des Vosges, entre débats scientifiques, enjeux économiques et querelles personnelles.

Par Christian Euriat, secrétaire adjoint de la Société d’émulation des Vosges, Fédération des sociétés savantes des Vosges




Pour mémoire : Programme des conférences du 1er semestre 2015


Vendredi 6 février 2015 à 18h
Salle Verdun, Place de la Victoire à Thaon-les-Vosges / entrée libre
 

« Cités ouvrières thaonnaises, une composante majeure de la ville industrielle »

Par Sébastien Labruyère, architecte DE

Conférence organisée en partenariat avec l’Association du Patrimoine Thaonnais


Samedi 07 mars 2015 à 16h30
Amphithéâtre de la faculté de Droit, rue de la Maix à Épinal / entrée libre
 


« 1914 devait être l’année de la femme, elle fût l’année de la guerre »
 

Par Jean Mervelet, membre de la S.E.V. & magistrat honoraire

Conférence organisée dans le cadre de l'assemblée générale de la Société (15h00)


Mercredi 18 mars 2015 à 20h30
Amphithéâtre de la faculté de Droit, rue de la Maix à Épinal / entrée libre
 

« Les communautés juives du département des Vosges, de la Révolution à la Grande Guerre »
 

Par Alexandre Laumond, vice-président de la S.E.V., service éducatif des Archives départementales des Vosges
 

Conférence organisée dans le cadre de l’exposition temporaire aux Archives départementales des Vosges : « Abraham Bloch, un rabbin dans la Grande Guerre »
 


Mercredi 06 mai 2015 à 20h30
Amphithéâtre de la faculté de Droit, rue de la Maix à Épinal / entrée libre
 

« Histoire et archéologie de la mort au Saint-Mont (IVe-XVIIIe siècles) »
 

Par Charles Kraemer, président de la S.E.V.
 


Jeudi 11 juin 2015 à 20h30
Amphithéâtre de la faculté de Droit, rue de la Maix à Épinal / entrée libre
 

« Monseigneur Foucault et les catholiques vosgiens durant la Grande Guerre »
 

Par Philippe Alexandre, professeur à l’université de Lorraine





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